À mesure que les chaînes de valeur numériques se complexifient, la maîtrise des données devient un enjeu central de souveraineté.
La souveraineté des données ne se résume pas à l’absence de dépendances : elle repose sur la capacité à les identifier, les maîtriser et, lorsque nécessaire, les reconfigurer. C’est cette approche dynamique que les participants du deuxième atelier des Chaires des Hautes Études pour la Souveraineté ont cherché à préciser.
Cet atelier du 8 juin 2026 a permis d’explorer la manière dont la souveraineté des données peut être définie et évaluée à l’échelle d’une entreprise européenne, en prenant en considération les conditions dans lesquelles les données sont collectées, stockées, accessibles, partagées, transférées, traitées et utilisées.
L’atelier a débuté avec deux intervenants de premier plan, Thierry Breton et David Djaïz, qui ont partagé leur conception de la souveraineté des données. Thierry Breton a insisté sur la force de l’Union Européenne grâce à son marché unique du numérique, ses infrastructures ainsi que ses capacités de régulation et de coopération. David Djaïz quant à lui précise la distinction entre la souveraineté et la résilience numérique, qui ne sont pas interprétées de la même façon dans le monde anglo-saxon et en France. En France, la souveraineté numérique fait traditionnellement référence à l’Etat, tandis qu’on parle davantage de résilience numérique pour les organisations.
Afin de fournir aux organisations un cadre commun pour mesurer ces risques, D. Djaïz a présenté le l’indice de résilience numérique (INR), conçu comme un outil d’aide à la décision et inspiré du European Cloud Sovereignty Framework de la Commission européenne.
Pour approfondir ces réflexions, les participants ont ensuite travaillé à partir d’un modèle de maturité, visant à évaluer la souveraineté des données selon cinq niveaux. Les travaux ont fait émerger quatre fonctions organisationnelles complémentaires : monitorer, décider, mettre en œuvre et reconfigurer, permettant d’appréhender la souveraineté comme un ensemble de capacités dynamiques plutôt que comme un état définitif.
Lors de cette session de travail, les participants ont ainsi proposé plusieurs critères et indicateurs susceptibles d’alimenter un futur indice de souveraineté, tout en soulignant qu’un niveau élevé de souveraineté ne repose pas sur l’absence de dépendances, mais sur la capacité à les connaître, les contrôler et, si nécessaire, les reconfigurer.
Nous remercions tous les participants à cet atelier, qui constitue une étape clé d’un projet exploratoire plus vaste. Les contributions et réflexions recueillies constituent une base précieuse pour poursuivre les analyses et les recherches.



